- Lettres et Images d'Aquitaine
- Lettres et images d'Aquitaine 2012
- Lettres et images d'Aquitaine 2011
- Lettres et images d'Aquitaine 2010
- Lettres et Images d'Aquitaine 2009
- Lettres et Images d'Aquitaine 2008
- Lettres et Images d'Aquitaine 2007
- Lettres et Images d'Aquitaine 2006
- Lettres et Images d'Aquitaine 2005
- Lettres et Images d'Aquitaine 2004
- Lettres et Images d'Aquitaine 2003
- Notes de lecture
- Articles
- Entretien de Jean-Paul Michel
- Les librairies indépendantes de la Côte basque
- Éditeurs, écrivains : place au court
- Numérique et monde carcéral : une expérience
- En ligne, Le Journal d’un voyage de Paris aux Eaux-Bonnes d’Armand-Gustave Houbigant
- Une chambre au lycée… L’espace de lecture itinérant « Range ta chambre ! »
- Philippe Vallet, chasseur de décors
- Au nom du père… Entretien avec Frédéric Videau, auteur et réalisateur
- L’esprit du Losange - Entretien avec Régine Vial distributrice France aux Films du Losange
- Le nouveau règlement d’intervention en faveur de la création et de la production cinématographiques et audiovisuelles
- Quincy Troupe, une esthétique de la dignité
- Max Cabanes et Lucas Vernier : l’histoire d’une harmonie
- Médiation & BD
- Johanna Schipper : de Bordeaux au Grand Nord québécois
- Le fonds Chaland, une mémoire vivante
- Akileos : L’art et la manière de dénicher les talents
- Bordeaux, terre du jeu vidéo et du transmédia
- Suspendue au-dessus des eaux… La médiathèque intercommunale du Piémont oloronais
- Derrière la caméra : Avant tout, la qualité du scénario
- L’art et la technique du cinéma : entretien avec Youen Bernard, directeur de la société Artec
- Résidences Aquitaine-Québec au bout du crayon !
- Le temps qui passe ne passe pas - Pascal Convert
- Les horizons de l’Entre-deux-Mers
- Le livre fait sa mue
- Anthony Clément : Un nouveau libraire de Caractères
- Les Temps modernes : Un an après son ouverture
- 20 ans du Frab (Fonds régional d’acquisition des bibliothèques)
- Les Ateliers de traduction en lycée : des traducteurs littéraires à la rencontre des jeunes.
- Théâtre et cinéma : deux branches du même arbre Entretien avec Philippe Caulier, comédien
- Impact économique des tournages en Aquitaine : Synthèse
- Quand la poésie anime l’image…Entretien avec Marc Faye, Novanima
- Entretien avec Fabrice de la Rosa, directeur du cinéma Le Festival à Bègles
- Entretien… Arezki Mellal
- David Prudhomme, trait pour trait
- Rencontres d’auteurs et d’éditeurs
- Bologne, c’était magique !
- Les bibliothèques et la lecture publique en Émilie-Romagne
- Les Requins Marteaux à Bordeaux
- Une nouvelle marque au catalogue du Bord de l’eau
- Mettre en réseau et valoriser les fonds documentaires basques : Le projet d’un territoire
- Filmer à tout prix
- L’OEil lucide
- Entre l’Aquitaine et La fémis, dix ans de coopération autour de la formation
- Objectif Grand Angle
- Entretien avec Nadja Einzmann
- Entretien avec Isabelle Merlet & Jean-Jacques Rouger : coloristes
- Martine Perrin & Agnès de Lestrade : Les raconteuses, en texte et en image
- Bon anniversaire, les libraires !
- 1001libraires.com : le portail tant attendu
- Du nouveau du côté des Archives départementales en Aquitaine
- Urbanisme et médiathèques : mariage de raison ou de passion ?
- Entretien avec Matthieu de Montchalin, président du Syndicat de la librairie française
- Pixels animés – Entretien avec Ralph Musti, animateur 3D
- Gaïa Éditions a vingt ans
- Plans-séquences sur le cinéaste Christophe Loizillon
- Paroles de professionnel : Profession : directrice de casting
- Yves Caumon, le cinéma à fleur de peau
- Craig Johnson :L’écrivain-rancher du Wyoming
- Didier Pourquié ou le goguenard sérieux
- Une jeunesse qui n’en finit pas de grandir !
- Le Festin nu ou la croisade de l’objet livre
- Entretien avec Serge Bouffange
- Transmédia, transfiction : le présage d’œuvres ramifiées
- Profession : Agent littéraire
- Lycéens et apprentis au cinéma
- Résidence cinéma : La belle histoire de la Maison bleue
- Entretien avec Jean-Pierre Denis & Thierry Bordes
- Addicts : de l’éthique sur les Tics
- Entretien avec Jean-Paul Michel
- Editeur aujourd'hui, éditeur demain
- Reprise d’entreprise : quelques règles d’or…
- Les métamorphoses de La Machine à lire
- 11e édition du Mois du Film documentaire en Aquitaine
- Ciné Cinéma, des amoureux du septième art à Périgueux
- Pas à pas, le projet Monumérique-Archimérique du lycée professionnel Molière d’Orthez.
- Entretien avec Xavier Fabre - métier : régisseur général
- La pensée et la main
- Passeurs d’images : un atelier royal
- Première édition de l’Université populaire du cinéma au cinéma Jean-Eustache de Pessac
- La culture en milieu pénitentiaire : une mission régionale confiée à Écla
- François Kuhnel : Une certaine idée de la lumière
- Le Méliès : « Chaudron infernal » ou « puits fantastique » ?
- Simona Mambrini - Entre deux langues
- Entretien avec Xabi Molia
- La librairie et les jeunes repreneurs
- Orthez, osez la culture
- De l’écrit à l’écran…
- Une fenêtre sur l’origine de l’homme : Le Centre d’accueil de la préhistoire des Eyzies
- Entretien avec Emmanuelle Glémet & Clément Rière - Saison Cinq
- L'éducaton en question
- Enjeux - entretien avec Anne-Marie Cocula
- Mael Le Mée - Tirer un fil, et c’est toute la pelote qui vient avec…
- Philippe Stellati ou « le mariage de la carpe et du lapin »
- Entretien avec Michel Mandeau, Directeur des cinémas Le Renoir et L’Atlantic à Biscarrosse
- Entretien avec Sylvie Larroque, directrice artistique du cinéma L’Atalante à Bayonne
- Sachin Kundalkar : Entre écrit et images…
- Entretien avec Michèle Rakotoson
- "Lettres et Images d'Aquitaine" : Formulaire d'abonnement
Médiation & BD
Dernière mise à jour le mardi 21 février 2012
Entretien croisé avec Éric Audebert, association 9-33 et Wilfrid Lupano, festival PichenettesPropos recueillis par Olivier du Payrat
Olivier du Payrat – Quel est le projet de votre association ?
Éric Audebert – 9-33 est présente en Aquitaine depuis octobre 2008. Il s’agit de faire connaître auprès de tous les publics ce que représente la BD ici. Faire découvrir les métiers liés à la création en BD et les principes de création, faire connaître et sortir ce réseau professionnel hors du cadre où il est le plus souvent réduit, à savoir la dédicace. Notre volonté est de cultiver le regard du public sur ce qu’est le médium BD et le dessin en général, et sur les créateurs.
Wilfrid Lupano – Pichenettes a été créé sur un projet plus resserré : organiser un festival BD à Pau. C’est le point de départ de l’association, même si elle organise aussi des rencontres avec des auteurs, et qu’elle coordonne les projets en rapport avec la BD sur Pau et alentours.
O.P. – Quels types de programmes proposez-vous ?
W.L. – Des spectacles ayant un rapport avec la BD, des rencontres avec des auteurs. Mais aussi et surtout le festival BD Pyrénées, qui se tient chaque année le premier week-end d’avril à Pau-Billère.
E.A. – Nous aussi organisons des rencontres, des performances, des concerts dessinés et des expositions en bibliothèques ou milieu culturel, ponctués par Bord’images en février, qui est une vitrine de la BD à Bordeaux et en Aquitaine.
Sinon, aux lycéens, nous proposons la Bédéthèque avec l’appui d’Écla : nous amenons des mallettes d’albums d’auteurs aquitains, toutes différentes, aux classes partenaires. Les lycéens rencontrent des scénaristes, dessinateurs, coloristes. Ils réalisent qui sont ces créateurs qui habitent à côté de chez eux et quel est leur travail si particulier et si difficile. Enfin, ils découvrent par la lecture ce qui existe en termes de genre ou de style.
Localement, à Bordeaux, nous animons aussi deux rendez-vous mensuels : le deuxième jeudi, c’est l’Apéro BD, autour de la pratique amateur du dessin et de la BD : trois contraintes et le format A5 sont imposés, ainsi que le thème, dévoilé le soir même. Puis les participants planchent pendant deux heures maximum. Le dernier jeudi de chaque mois, c’est Raging Bulles, un rendez-vous sur la critique en BD qui existe dans trois villes (Marseille, Toulon et Bordeaux) ; quatre chroniqueurs issus du milieu du livre (éditeurs, auteurs, libraires, bibliothécaires…) confrontent leurs avis en public sur six albums sélectionnés.
Enfin, nous montons pour les auteurs des ateliers BD à loyer modéré dans l’immeuble où la Ville nous a installés : un espace de travail adapté et collectif.
O.P. – Vos priorités en 2012 ?
E.A. – Nous arrivons bientôt au terme du contrat aidé par l’État qui, complété par l’appui de la Région et de la Ville de Bordeaux, nous a permis de créer un poste à temps plein pour fonctionner. Nous souhaitons d’abord pérenniser ce poste, pour permettre à l’association de continuer à agir.
W.L. – L’association s’est dotée d’un nouveau bureau et d’une nouvelle équipe pour piloter le festival. C’était urgent et nécessaire, car le succès (8 000 personnes chaque année) nous pousse à davantage de professionnalisme et d’organisation. Cette année, le festival passera un cap : plus gros, plus ambitieux. Enfin, on espère !
O.P. – À côté de votre lien aux créateurs, quels liens entretenez-vous avec les autres acteurs de la chaîne du livre en région : éditeurs BD, librairies, bibliothèques… ?
W.L. – Nous les intégrons tous, autant que faire se peut, dans la dynamique des activités de l’association. C’est l’une des raisons d’être d’un festival régional selon nous. Libraires, éditeurs et bibliothèques sont des partenaires depuis le début.
E.A. – Oui, ce sont pour nous des contacts permanents : nous travaillons avec et pour eux à chaque fois que nous organisons quoi que ce soit.
O.P. – Que pensez-vous des salons du livre et festivals BD qui fleurissent chaque année ?
E.A. – Si le festival et les personnes qui s’en occupent ont une vraie ligne éditoriale, et qu’ils permettent au public de rencontrer les auteurs de manière différente que la sempiternelle dédicace, c’est une bonne chose. Mais si l’on pouvait arrêter les festivals Labour et BD, Boudin et BD, ou Plage, coquillages et crustacés et BD, ce serait bien ! Les communes veulent souvent leur festival sans connaître vraiment ce qu’est la BD, et sans se donner les moyens d’une attention professionnelle, qui coûte évidemment. Le travail des auteurs, ce n’est pas de venir faire un joli dessin gratuitement sur les albums, mais de créer des albums et des récits qui leur permettent de (sur)vivre !
W.L. – Ce succès des festivals fait quand même plaisir à voir. Bien menés, ils peuvent apporter des repères pour mieux cerner l’offre dans une production pléthorique qui déconcerte les lecteurs. Et ce sont des acteurs culturels locaux.
O.P. – Votre regard sur la dimension régionale et sur Écla ?
W.L. – Nous manquons d’expérience, mais Écla semble posséder avant tout des vertus de facilitateur, de mise en connexion d’initiatives individuelles ou locales. Nous avons manqué de temps pour travailler avec l’agence régionale, mais nous espérons combler cette lacune à l’avenir.
E.A. – Dès l’origine, 9-33 a tissé des liens avec Écla, qui s’appelait encore l’Arpel. Aujourd’hui nous travaillons ensemble sur différents projets, et il y a une véritable complémentarité. Nous souhaitons faire connaître au reste du monde la richesse de la BD aquitaine !
O.P. – Les politiques en faveur du livre réservent-elles une place suffisante à la BD ?
E.A. – La BD souffre encore de l’image d’une lecture oisive, exclusivement destinée à la jeunesse. C’est bien mal connaître le médium, même si elle peut être ça aussi. Nos Raging bulles sont justement là pour faire connaître des BD qui ne sont pas forcément visibles sur les rayons des librairies. On devrait inviter les journalistes à venir…
W.L. – Le débat est sans fin autour du manque d’équilibre évident entre la production BD et l’intérêt que lui portent les politiques culturelles, mais aussi les médias et l’enseignement. Heureusement, les choses évoluent, notamment parce que le propos de la BD se densifie et se diversifie. Elle parvient peu à peu à se défaire de sa pesante image de simple divertissement. Mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.
O.P. – Quel regard portez-vous sur le numérique ?
W.L. – Ce thème avait fait l’objet d’une conférence lors du premier festival BD Pyrénées, en 2009. Les choses ont peu évolué depuis, et personne ne parvient à définir un modèle économique crédible à long terme, respectueux des nécessités de la création. C’est toujours un facteur d’angoisse, qui suscite des débats houleux et des négociations au couteau entre éditeurs et auteurs, alors que le marché est toujours nul. On est proche de l’art divinatoire ! Chacun pense savoir de quoi demain sera fait. Mais je ne connais aucun auteur de BD qui s’enthousiasme vraiment pour la BD numérique, alors que j’en connais beaucoup qui voudraient juste continuer à faire des livres en papier, et qui se demandent bien pourquoi ce ne serait plus possible.
Le développement d’une BD vraiment adaptée au support numérique bouleversera les codes de la BD : formats différents, pas de pages en vis-à-vis, questions de lisibilité, etc. Si le MP3 n’a pas changé la façon de faire des morceaux de musique, et que le roman ne sera pas forcément très affecté, la BD sera un cas à part.
E.A. – Beaucoup d’idées s’affrontent mais rien de neuf ne sort, nous sommes en pleine guerre entre les créatifs qui se font dépouiller et les commerciaux qui cherchent à rentabiliser. J’irai plus dans le sens des auteurs avec qui je travaille au quotidien, et dont je connais les difficultés.
Coup de cœur d’Éric Audebert : Perramus d’Alberto Breccia & Juan Sasturain
Coup de cœur de Wilfrid Lupano : Promis, j’arrête la langue de bois , de Jean-François Copé




