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Carles Diaz

Carles Diaz, né en 1978 à Santiago du Chili, docteur et maître de conférence en Histoire de l'art, poète franco-chilien.

Il a publié quatre livres de poésie, les deux premiers en 2002 et 2004, écrits en espagnol, l'ont été au Chili, et les deux derniers, écrits en français, en France aux éditions Abordo : Les déferlantes nocturnes. Acte à plusieurs voix (2010) et Le fleuve à l'envers (2012). 

La poésie de Carles Diaz est une immersion dans les mots qui permet d'accéder à une représentation d'un monde fragmentée, aléatoire et en tension, de s'avancer de manière pluridimensionnelle en terres et mers inconnues, de se dépouiller de toute utopie heureuse pour cultiver l’irrégularité. Comme pour Arthur Cravan ou Nicolas Bouvier, il ne s'agit pas seulement de le lire, mais de savoir entendre le chant et les bruits de sa poétique qui nous amène en des mondes inconnus, au long de territoires inondés de métaphores. Il s'agit d'une écriture débranchée, naturellement onirique, du « dehors ». Son esthétique de l'image fait du poème une multiplication volontaire de signes, une « imagophagie » accordant du sens à l'évocation, de l'importance à la manière de construire un texte plus qu'un thème ou des données diverses avec lesquelles certains auteurs tentent de montrer la réalité.

Par son écriture, Carles Diaz témoigne d'une disparité fidèle à sa démarche de création, au sens grec du terme, où l'auteur joue lui-même de nombreux rôles. Sa voix est multiple et ne cherche ni l'intellectualisation de la forme ni le simple langage poétisé. Avec son écriture, considérée souvent comme abstraite, parfois décousue, voire « absurde » – elle est en fait profondément lyrique – l'auteur revendique sa volonté d'alliance avec les mots et non avec le langage fonctionnel, universaliste, au sens de l'affirmation de Tristan Tzara dans le manifeste Dada de 1918 : « Une œuvre compréhensible est produit du journalisme. » En ce sens, la poésie de Diaz est volontairement contradictoire, non linéaire, hybride. C'est une écriture de l'intranquillité, une épopée du non-conformisme, d'une inquiétude qui ne suit aucune mode. Elle se réinvente au fil des lectures, se nourrit de la passion de se reconnaître chez l'autre, de murmurer des histoires revisitées, d'affirmer et cultiver la différence, la diversité, la singularité, l'altérité.

Ses livres sont des routes interminables qui traversent la Patagonie et les Landes de Gascogne, allant des paysages infimes aux lieux inattendus où l'âme nomade accède alors à la possibilité de fouiller la terre et l'élément aquatique, de rencontrer, de revisiter le perpétuel et le mobile.

Poète se réclamant héritier de la poésie moderne tout en étant très attaché à la lyrique ancienne, son écriture se cherche entre l'errance et le vertige. Son obsession pour le mythe et pour l'origine, a recours au fleuve comme « la voie d'accès au père inconnu et tutélaire ». La mer, la profondeur, l'univers aquatique sont la toile de fond et le terrain d'action de son errance, de même que de son érotisme. Sa poésie sillonne les sentiers de l'abysse (la mer, la nuit, la ruine, la source, la perte) et descend, à travers la chair, aux lieux du corps où s'accomplit l'existence. Avec un érotisme rayonnant, en symbiose avec l'éclosion du langage dans lequel le mythe de l'éternel retour n'est qu'une invention culturelle, la musicalité du corps devient une authentique partition de fugues et de contresens, de répétitions, d'échos subtils et libres.

C'est dans sa parole que réside le pouvoir de son dédoublement, de sa multiplicité d'usage et d’interprétation, nous rappelant parfois la poésie de W. Blake, de F. Pessoa, de W. Whitman, de R. Desnos. Cette multiplicité est renforcée par la double célébration que la langue exprime : le français comme langue esthétique, d'expression, et le castillan comme langue maternelle. En effet, Carles Diaz marche dans un paysage littéraire absorbé dans la discontinuité d'une tradition, même s'il apporte avec lui l'héritage de la littérature hispanique, les allusions s'y rapportant sont récurrentes, les clins d’œil de sa bibliothèque mentale vont de Jean de la Croix à Vallejo, en passant par O. Paz et A. Ercilla. Certes, il parle de son écriture comme d'une somme d’influences : au départ s'y trouve ce qu'il nomme le « surréalisme rural » de la tradition orale latino-américaine, mais il ne se soucie guère de renouveler une forme, un discours poétique. Nous sommes souvent amenés à déchiffrer avec lenteur le tissage poétique et ses variations, son inexactitude et son hermétisme qui révèlent d'une quête triple : esthétique, formelle et existentielle. 

Dans la préface de son livre « Episodios Electronicos » (La Garza Morena, Chili, 2003), l'écrivaine et critique littéraire Eugenia Brito a écrit : « Sa poétique est rigoureuse et son style est l'un des plus inhabituels de la littérature chilienne contemporaine (…). » 

Langues parlées

  • Espagnol bilingue
  • Italien courant

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Carles Diaz

33000 Bordeaux
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