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Métier, traducteur

Dernière mise à jour le mardi 08 janvier 2013

Depuis près de cinquante ans, Vincent Fournier, installé en Dordogne, explore les cultures nordiques dans le texte. Il a traduit aussi bien un auteur contemporain norvégien (Nikolaj Frobenius), que les Carnets de voyage en Suède du botaniste Carl von Linné, ou encore des œuvres d’Ingmar Bergman. Parcours…

Le hasard a souvent joué dans ma vocation de traducteur. Étudiant à la faculté des lettres de Bordeaux, j’apprends en 1955 la création d’un certificat de langues et littératures scandinaves. L’emphase administrative de l’intitulé cache une offre modeste : une initiation au suédois à raison de deux heures par semaine. De quoi réaliser le rêve de lire Selma Lagerlöf dans le texte. Mais ce n’est qu’en 1967, voyageant en Suède au début d’une carrière de comparatiste, que je découvre un Lagerkvist de 1927 oublié des traducteurs français, et que je soumets à Régis Boyer, alors lecteur à l’université d’Uppsala, un sujet de thèse : L’Image du monde scandinave en France entre 1880 et 1914 .

À cette époque, les carrières universitaires autorisent de longues excursions dans la recherche : ma thèse ne sera soutenue à Paris-Sorbonne qu’en 1982 et publiée en 1989, alors que ma première traduction, celle de Pär Lagerkvist (L’Exil de la Terre ), est parue en 1977. Depuis, j’ai publié une quinzaine de traductions des trois principales langues nordiques – danois, suédois et norvégien – filles quasi jumelles de la koiné nord-germanique. Il n’y a aucune difficulté à circuler entre elles, même si leurs contextes respectifs leur confèrent évidemment des colorations variables. On y ajoutera le latin, qui a été langue véhiculaire des élites chrétiennes et profanes jusqu’au XVIIIe  siècle. Au fil des années, mon activité de traducteur s’est diversifiée. Loin de me cantonner au roman, j’ai touché à d’autres genres comme le récit de voyage ou le scénario et, par le latin, à la chronique et l’hagiographie médiévales. Henri Meschonnic disait que la théorie du traduire s’énonce par la pratique : cette pratique alimente toujours ma réflexion de comparatiste.

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