Vous êtes ici : Accueil > Écrit et livre > Édition > Salon du livre de Paris > Salon du livre de Paris, du 16 au 19 mars 2012 > Les articles d'Aqui > Aqui, le tour... L'Arbre Vengeur, les chevaliers éditeurs

Aqui, le tour... L'Arbre Vengeur, les chevaliers éditeurs

Dernière mise à jour le lundi 19 mars 2012

David Vincent et Nicolas Etienne fondateurs associés des éditions L'Arbre Vengeur ont l'humilité des chevaliers. Le devoir accompli, ils oublient de se la jouer, dissimulent leur joie fière sous leur heaume et dirigent déjà leur regard vers une autre aventure. Ils en ont aussi le panache : bigarré des multiples couleurs de chaque livre paru, depuis le tout premier cousu à l'aiguille, à la main, et à la maison. « De fil en aiguille » comme le souligne avec malice David Vincent, la belle ouvrage s'est étoffée, la maison a grandi, l'arbre aussi. Il abrite aujourd'hui sous ses branches de nouveaux auteurs, séduits par l'exigence noble de nos deux héros. Par leur esprit créatif aussi, c'est certain.
Les chevaliers ont un cœur, toujours, et L’Arbre Vengeur est avant tout une histoire d’amitié. Quand David Vincent reçoit Nicolas Etienne dans sa librairie comme stagiaire, tous deux comprennent bien vite que libraire n’est pas la meilleure profession pour Nicolas, aussi taiseux que David est bavard. Pour autant, l’amour des livres les tenaille et les unit, le dépit aussi de constater que bon nombre d’ouvrages de qualité ont disparu des rayons mais aussi des maisons d’édition. Là est né le défi qu’ils se lancent à eux−mêmes : rééditer ceux qui ne le sont plus. En 2003 paraît Une volupté nouvelle de Pierre Louys, un titre qui dit tout. L’Arbre vengeur c’est aussi une histoire de plaisir, du rêve qui se concrétise, de la tâche menée à bien. Car comme tous les chevaliers, nos Vengeurs s’imposent une éthique rigoureuse : ne jamais avoir à rougir d’un des livres parus chez eux, ne jamais publier par simple copinage et attendre d’avoir les reins assez solides pour entraîner de nouveaux auteurs dans leur épopée. Des auteurs inconnus qui trouveront là, alors, une fenêtre suffisamment ouverte sur le monde littéraire et son public.
Christophe Langlois, jeune auteur, leur envoie ainsi le manuscrit de Boire la tasse un recueil de nouvelles présenté au Salon cette année. Christophe Langlois est à l’image de l’Arbre Vengeur, jovial sympathique, un peu fou, mais aussi et surtout écrivain rigoureux, à l’écriture brillante. Son univers créatif est un rubixcube, où il explore les facettes les plus inattendues de situations ou de personnages. Une véritable construction d’architecte, à la solidité baroque et dynamique, d’une grande beauté parfois et surtout d’une indéniable force. On rit, on s’interroge, on s’émeut sans mièvrerie surtout,  souvent à la frontière du fantastique.
 « J’ai une chance énorme » dit Christophe Langlois en évoquant sa maison d’édition. On le croit. David Vincent aime ses livres comme ses enfants, ou ses amis. Il les défend avec force et conviction et est de ceux qui savent pourquoi chacun a été publié. C’est une grande et belle compagnie où chacun a sa place, où chacun devient aussi le moteur de l’autre, abrité sous le roseau devenu chêne, au gré du vent des promesses tenues. Longue Vie à l’Arbre Vengeur !
Photo Anne Duprez
L'Arbre Vengeur, stand T76.

Anne Duprez