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Aqui le tour... Pièces de Ricardo Sumalavia, édité par Cataplum

Dernière mise à jour le lundi 19 mars 2012

Enrique Vila-Matas, dont l'œuvre a été traduite en trente langues, dit de lui qu'il est « un écrivain intelligent avec un style très personnel. » Ricardo Sumalavia, traduit pour la première fois en français par Robert Amutio, publie le recueil de micro-fictions de son adolescence, chez Cataplum, la benjamine des maisons d'éditions aquitaines. Le personnage est discret, son style est silencieux. Influencé par la littérature japonaise, en particulier les Haïku, il cherche ce petit quelque chose qui va au delà des mots signifiants, au delà du rationnel, juste à l'endroit magique où l'on ressent la vie battre.
La suggestion, c'est la voix du poète. Car l'auteur de micro-fiction, genre encore méconnu en France, est proche du poète. Certes, il utilise la structure de la nouvelle classique : une présentation des personnages suivie d'un conflit parfois simple, qui bouleverse l'histoire jusqu'à la fin. Mais l'auteur de micro-fiction profite de la suggestion des silences et du sens de chaque mot pour dégager une sensorialité. « C'est la structure de la nouvelle et la stratégie de la poésie », nous dit Ricardo Sumalavia.  
Arrivé au monde après la grande fête, Ricardo Sumalavia vit une adolescence difficile dans une société péruvienne déchirée par la guerre civile. Pièces , son premier recueil de micro-fictions, propose aux lecteurs de découvrir des photos urbaines prises à travers le filtre poétique d'un adolescent qui prend du recul pour se rapprocher de la réalité. « Je montre une image et je suggère des pistes, le lecteur complète », explique l'auteur péruvien.
« Je sais que chaque rue de Lima, chaque pas que je ferai, chaque objet que je toucherai, lèveront quantité d'histoires publiques et secrètes que personne ne partage avec moi, mais que je perçois et que je respire. » Ricardo Sumalavia reconstruit ligne après ligne ce passé qu'il regrette, Lima, la ville qu'il veut retrouver. Comme les conquistadors qui arrivèrent en Amérique du Sud, déconcertés par la vision d'animaux qui n'appartenaient pas à leur imagination, Ricardo Sumalavia cherche des mots pour nommer l'inconnu. « L'atmosphère, chargée de l'exhalaison des corps suants, mêlée à la fumée des cigarettes, au milieu de leur immobilité, suggère qu'il y a eu beaucoup d'agitation et que tous les invités ont fait une fête d'enfer. »
photo : Aqui.fr
Olivier Darrioumerle