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Aqui, le tour... Tomas Tranströmer, un prix Nobel au Castor Astral.

Dernière mise à jour le lundi 19 mars 2012

En octobre 2011, le prix Nobel de littérature était décerné au poète suédois Tomas Tranströmer, dont les textes furent traduits en français par Jacques Outin et édités dès 1989 par Le Castor Astral. Victoire en Aquitaine, victoire surtout d'un éditeur et de ses choix. Plusieurs ouvrages de Tranströmer sont présents sur le stand du Castor Astral, attirant l'oeil par leur bandeau rouge « Prix Nobel de littérature 2011 ». Parmi eux, « Les souvenirs m'observent » recueillent les souvenirs de l'auteur suédois. Sur la couverture, seize photos de Tranströmer à onze ans, tantôt grave, tantôt souriant et portant son regard dans de multiples directions. L'intime d'un grand écrivain attentif aux plurielles dimensions du monde.
D’où vient donc le charme que l’on a à lire les souvenirs des autres ? D’une certaine universalité sans doute que l’on a à vivre, aimer, pleurer, grandir. Question de lumière. « Ma vie. Quand je pense à ses mots, je vois devant moi un rayon de lumière. » Ainsi s’ouvre le livre de Tomas Tranströmer.  Chacun de par le monde vit dans des aires géographiques différentes, dans des bulles de lumière différentes, selon des expériences différentes, et pourtant… les émotions qui s’enchaînent  dans l’écheveau du temps sont les sœurs jumelles de celles  ressenties par des êtres que tout divise à commencer par les hémisphères et les océans. Le poète, seul, les réunit et, dans une langue universelle en retranscrit le sel au cœur de ses mots.
Il ne faut pas avoir peur des prix Nobel, qu’ils soient de physique ou de littérature. Quiconque sera en effet à la hauteur de leur excellence, dans la mesure où ils sont su, compris, avant ou à la place de tout un chacun, l’essence même de tout et le secret indicible de l’humain pour ce qui est de Tomas Tranströmer. Il sait trouver les mots et se fait passeur d’émotion, dans la nue simplicité des choses.  Comme une goutte d’eau tombée en silence sur l’immensité d’un lac et qui en irradie la surface en ondes toujours plus grandes.
« Je porte en moi tous mes visages fanés, comme un arbre ses cernes. C’est leur somme qui fait de moi ce que je suis. Le miroir ne reflète que mon dernier visage, pourtant je connais tous ceux qui l’ont précédé »  et ils sont à l’image de tant d’autres qui se reconnaîtront alors, comme éclairés soudain par la même lumière.
photo Anne Duprez.

Le Castor Astral, stand U73

Anne Duprez