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Samedi 17 mars : les nouvelles du jour !

Dernière mise à jour le lundi 19 mars 2012

Chaque jour, Aqui vous fait découvrir deux nouvelles choisies parmi les choix de huit éditeurs aquitains présentés sur le stand « Cour(t)s toujours ». Aujourd'hui sont à l'honneur Catplum et Delphine Montalant.

Le bonheur, ou pas , Andrès Neuman, éditions Cataplum.
Un recueil de plusieurs textes très courts traduits de l'espagnol par Anne-Marie Chollet. A peine une ou deux pages à chaque fois mais où en quelques mots tout est dit ou tout au moins suggéré, sans pour autant mettre le lecteur sur une route certaine ; le choix lui est laissé d'interpréter à sa guise : le bonheur, ou pas.
Les situations décrites par Andrès Neuman sont à double tranchant. Tout peut basculer, tout peut s'envisager au contraire de ce qui est lisse et visible. Une situation apparemment parfaite et simple peut tourner à l'absurde, à l'instar de ce couple, Elisa et Elias, si parfaitement uni que cette symbiose finit par les séparer, à tout jamais. Quand ils cherchent au bout du compte à se réconcilier, leurs téléphones sonnent sans cesse occupés car chacun choisit le même instant que l'autre pour lancer son appel. Ni l'un ni l'autre n'échappe alors à l'enfermement du miroir.
Le bonheur n'est pas toujours où on le croit, chez Andrès Neuman une femme peut tromper son mari par amour. Parfaitement! quand celle-ci couche avec son meilleur ami mais quand c'est le meilleur ami qu'elle trompe. Exactement ! Elle en fait l'apprentissage, s'habitue à son corps, à sa peau, car son mari a "depuis toujours" rêvé d'être Cristobal, son meilleur ami. Quand il y sera parvenu, Gabriella, l'épouse de Marcos, quittera Cristobal et rejoindra définitivement celui qu'elle aime et qui est définitivement devenu lui-même en devenant un autre. Est-il fou au bout du compte ? Neuman ne nous le dit pas, et c'est ça qui est fou dans Le bonheur, ou pas . Etonnant.

Le chat dans la gorge , Colette Pellissier, éditions Delphine Montalant.
Là encore une écriture simple, en apparence, dont le dépouillement doit au choix précis des mots de cadrer à chaque fois la scène sur ce qui ne va pas, sur le grain de sable qui fait que le système vacille. Colette Pellissier décrit une famille en une suite de plans séquences. Une vie calme qui déraille au premier chapitre : un mari offre des fleurs à sa femme pour son anniversaire, tout en se trompant de jour. La femme ne dit rien, ou plutôt juste "merci mon amour" cachant cette pensée " je ne suis pas à un jour près"... Le décalage d'une vie bancale est posé, il y a des ratés dans l'organisation, la voie déraille, la voix aussi, ça gratte comme "un chat dans la gorge". Une écriture retenue, ciselée, qui se complexifie au fil des pages afin de dire la complexité de la vie.
Photo Anne Duprez
 
Anne Duprez