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Vendredi 16 mars : les nouvelles du jour !

Dernière mise à jour le lundi 19 mars 2012

Chaque année, ECLA choisit une thématique et repère une sélection d'éditeurs dont tout ou partie du catalogue relève de ce champ ou ce genre littéraire. Cette année, "Cour(t)s toujours" prend la forme d'une affiche manifeste qui met à l'honneur les nouvelles et fictions courtes issues de la diversité éditoriale d'Aquitaine. Huit éditeurs sont ainsi réunis, et une sélection de leurs ouvrages sont présentés sur le stand T77. Chaque jour, Aqui évoquera deux d'entre eux. Pour inaugurer cette première journée, voici L'Arbre Vengeur et l'Atelier In8...

comprimes
92 comprimés  de Marc Kolebka, éditions de L'Arbre Vengeur
« Il est vraiment des moments qu’on aimerait conserver dans un bocal comme des prunes à l’eau de vie »… certains livres aussi. Celui de Marc Kolebka en fait partie. 92 comprimés  − comprendre 92 textes courts − dont l’abus est effectivement recommandé, est une bouffée d’oxygène dont l’auteur est du genre des impertinents jamais assagis, contemplatifs –imaginatifs, en tout cas décalés.  Un de ceux qui connait le mot « faluche » et l’emploie  avec le plaisir gourmand de sa résonnance en bouche ; un de ceux qui aime le mot « mamelue » tout en lui préférant le plus créatif et évocateur « tétonnière ». 92 comprimés  est une sorte de délire mutin à la Desproges, d’un auteur  en même temps tout à fait lui−même, bien dans ses baskets, comme une fourmi championne du monde. Car Georges Kolebka décale aussi les univers, capable de décrire dans les menus détails une rencontre entre deux coccinelles, le parcours d’un escargot coquin, une échauffourée entre une abeille et un papillon, prêtant à chacun des attitudes humaines, en complicité avec le lecteur qu’il imagine – et c’est un grand hommage – aussi barré que lui : « les scarabés sont un peu cons, vous voyez ce que je veux dire. » ou encore « prenez un crayon et biffez la fin que vous n’aimez pas ».
in8
Des trains à travers la plaine , Atelier In8.
En octobre 2011, Aqui s’était déjà fait l’écho de ces quatre voyages dans l’univers d’Alain Bashung, quatre textes signés Claude Chambard «  le jour où je suis mort », Eric Pessan « Croiser les méduses », Jérôme Lafargue « Nage entre deux eaux » et Marie Cosnay  « Où vont les vaisseaux maudits ? ». On retrouve, dans chacun de ces textes, la fragilité d'être dans l'incisif d'un univers impitoyable, l'évanescence des émotions mêlée parfois à la lancinante brûlure de l'impatience de vivre, et la poésie fauve des chansons de Bashung.

Anne Duprez