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Adieu à ce qui vient de Pierre Cendors, Finitude

Dernière mise à jour le mardi 10 janvier 2012

Pierre Cendors
Adieu à ce qui vient
Préface de Christian Garcin
Finitude
12x17 cm ; 138 p. ; 14,50 € ; Isbn : 9782912667984 ; sept. 2011

Dans une Venise livrée à la splendeur traditionnelle de ses fêtes somptueuses, un mystérieux voyageur, Inno, entreprend une quête passionnée de l’amour. Les ressorts de la jalousie – celle de Ricorni, un savant sous l’emprise des astres comme sous celle de Fulvia, courtisane et étoile convoitée – se conjuguent avec les références aux récits mythiques du monde gréco-romain. Le lecteur accède ainsi à la mélancolie d’un temps perdu puis retrouvé pour se diluer « dans le vert tremblé de l’onde ». Le tout transporté par les mots d’un véritable poème en prose.Ce court roman est comme un plongeon dans un univers où rêve et réalité se superposent : le lieu, Venise la nuit, favorise un tel parcours. Mais il y faut encore les références, nombreuses, à la mythologie de l’Amour et de ses mystères. Et aussi des personnages autant nourris de la force de ces histoires anciennes que de la noble recherche du bonheur : Inno, le premier d’entre eux, a la beauté éternelle d’Éros. Cette ressemblance avec un masque précieux du dieu de l’amour que Ricorni possède est insupportable au savant. En demandant à Fulvia d’utiliser dans une fête le superbe masque féminin qu’il lui a offert, il veut ridiculiser Inno. Mais la force de l’amour, conjuguée à celle du destin, en décidera autrement, entraînant le lecteur dans une troublante deuxième partie, où surgit un autre personnage féminin. Labyrinthique, cultivant la confusion des temps dans le vertige de l’amour retrouvé, Adieu à ce qui vient consacre un écrivain. Et une écriture belle et précieuse, ciselée et souvent fascinante.
Bernard Daguerre