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En même temps que la jeunesse de Jean Harambat, Actes Sud

Dernière mise à jour le mardi 10 janvier 2012

Jean Harambat
En même temps que la jeunesse
Coll. Actes Sud BD
Actes Sud
23x17 cm ; 160 p. ; 20 € ; Isbn : 978-2-7427-9924-4 ; sept. 2011
Il y a cinq ans, assis sur le banc d’un jardin public, au cœur d’une ville du nord du Chili, mon fils Jonathan, ailier du Rugby Club Villenavais, me disait, d’un ton de dépit en s’élançant vers un groupe de jeunes : « Tu vois, on a beau être passionné de rugby, le seul vrai sport universel c’est le football ! » 10 minutes plus tard, il levait les bras au ciel et l’on entendait « Viva Zidane ! »… 

Dans En même temps que la jeunesse, Jean Harambat, fils d’Ovalie et de la terre de Chalosse, nous rapporte un récit de voyage où le Lonely Planet n’est autre qu’une paire de crampons et ses guides « touristiques » un panthéon de personnages qui n’a rien à envier à un autre conteur peu connu du rugby : Paul Voivenel.
Notre Landais, qui par son trait de crayon nous rappelle Fred avec Philémon ou encore Alack Sinner de Jose Muñoz, un Argentin sûrement trop jeune pour avoir pu voir jouer le « Che » à Cordoba, et par la main nous emmène sur la planète Terre devenue ovale pour l’occasion. Du sud du Brésil, au cœur du Botswana en passant par la Catalogne et l’Euskadi, pour ne citer que des contrées où le rugby est encore en terre de mission, cet ancien trois-quarts de Grenade-sur-l’Adour et élève de l’Essec nous raconte le rugby de l’intérieur, celui qui n’est qu’un prétexte pour parler de la vie, celle des femmes et des hommes anonymes qui construisent la vraie légende de ce sport. Le tableau noir des combinaisons nous rappelle que ce sport est avant tout technique et Churchill sûrement un clin d’œil à la nécessaire stratégie du jeu. Il y a même des troisièmes mi-temps : passeport sans visa pour la convivialité.
Ce livre magnifique illustre pour moi, de la meilleure des façons, cette formule un peu énigmatique que j’ai vue écrite pendant longtemps sur une affiche punaisée sur la porte de mon vestiaire : Le rugby, école de la vie !
Et puis ce recueil me permet de répondre à mon fils que nous pouvons laisser au football l’universel et la mondialisation pour garder au rugby l’intime et l’humain.
Patrick Volpilhac