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L'Ange gardien de Bernard Duché, Confluences

Dernière mise à jour le mardi 10 janvier 2012

Bernard Duché
L’Ange gardien
Éditions Confluences
21x14 cm ; 126 p. ; 12,50 € ; Isbn : 9782355270710 ; sept. 2011

En route vers les limbes, voilà l’élégant et ironique parcours de Philippe Servantes, 41 ans, dans sa Clio bleue, de Bordeaux au Minervois profond. Percé jusqu’au fond du cœur d’une atteinte inconnue – un regard féminin –, il quitte travail et domicile pour entamer une espèce de rite d’initiation à rebours. Jalonné de rencontres amicales et de croisement avec d’agréables créatures, le récit est aussi saturé de mystérieux, prémonitoires et récurrents signaux d’une imparable affection.
C’est aussi un voyage à l’intérieur de lui-même, mélancolique et définitif, qu’entreprend Servantes. À l’observation fine des descriptions cliniques et de l’attente anxieuse du sommeil qui ne vient pas, se superposent les fugaces rencontres avec des femmes de comptoirs divers (boutique, hôtel, clinique), que le regard du narrateur habille d’une sensualité lointaine. Le sentiment de l’inaccessible est chez lui permanent, nourrissant une insatisfaction qui se love aussi dans les confrontations inabouties avec une charmante psychiatre et une vigneronne qui « a le corps d’une déesse athénienne ». Ce roman a les références, le climat, l’atmosphère du romantisme fantastique. Il en a les thèmes et les codes, la brume et la pluie, les barques chargées d’âmes, les jardins extraordinaires et les personnages qui, au loin, traversent régulièrement la ligne d’horizon du héros. Légère, piquetée d’humour, l’écriture est agréable (même si les dialogues pourraient encore gagner en naturel). Un premier roman, délicat et réussi.
Bernard Daguerre