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Le Dos crawlé d'Éric Fottorino, Gallimard

Dernière mise à jour le mardi 10 janvier 2012

Éric Fottorino
Le Dos crawlé
Gallimard
21x14 cm ; 205 p. ; 16,90 € ; Isbn : 978-2-07-013418-2 ; août 2011

Ils sont les acteurs du dernier roman, Le Dos crawlé, d’Éric Fottorino et ils s’appellent : Oncle Abel, le docteur Malik, Monsieur Maxence, Monsieur Archibouleau, le père Juillet, Madame Contini, ou encore Triangolini et bien sûr Lisa et Marin, nos deux gosses que l’amour rassemble en cet été qui verra naître l’impôt sécheresse… Il fait donc très chaud entre Saint-Palais et Royan, à l’ombre lointaine du phare de Cordouan. Les vacances, loin de la Corrèze pour Marin et de ses « bourgeois » de parents pour Lisa, se passent comme dans une bande dessinée aux vignettes de couleur qui auraient pu s’intituler : Marin et Lisa à la pêche aux clovisses des sables, Marin et Lisa à la plage du pigeonnier, Marin et Lisa se font des silences car « elle est drôlement généreuse question de se taire »… et qui aurait pris place au cœur d’un hebdomadaire couru à la mi-temps des années 70 entre Grêlé 7/13 et Doc Justice
Éric Fottorino, ex-directeur du Monde et nouveau président du Centre François-Mauriac de Malagar, nous offre le regard des deux enfants sur le monde des grands, un monde qui nécessite nombre de clés pour le comprendre, et de savoir y nager pour l’apprécier.
Il fait chaud, « le temps passe lentement et on le sent passer sur nous sans savoir si ça fait du bien de s’ennuyer comme ça ». C’est Marin qui parle, c’est Fottorino qui écrit cette chronique de l’été 76, ambiance de sable et nostalgie agréable aux embruns de l’océan. On est bien dans cette lecture où se déploie une tendresse simple et grande avec sa galerie de personnages que Brassens aurait accompagnée de sa guitare et ses deux enfants échappés d’un film de Truffaut, on y est bien car le sable y est chaud et elle permet d’oublier sûrement le temps d’une marée les turpitudes de la presse parisienne.
Patrick Volpilhac