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Le Soir au cantou : recueil de poésies patoises du docteur Boissel (1872-1939), Éditions Cyrano

Dernière mise à jour le mercredi 02 novembre 2011

Pierre Boissel
Jacques Jasmin
Le Soir au cantou : recueil de poésies patoises du docteur Boissel (1872-1939)
Précédé de L’Aveugle de Castelcuillé : poème occitan de Jasmin (1798-1864)
Traduit de l’occitan par Guy Gerval
Illustrations de Simone Gaillard
Éditions Cyrano
21x14 cm ; 216 p. ; 19 € ; Isbn : 978-2-918136-07-1 ; juil. 2011

Jasmin, coiffeur agenais, fut un très grand poète. En 1836, la récitation à Bordeaux de L’Abuglo de Castèl-Cuilhèr , le long poème, lui assure une renommée nationale. Marguerite, aveugle, se tuera par amour pour Baptiste. En 20 pages, tout est dit de cette tragédie amoureuse. Le Soir au Cantou, recueil de poésie patoise, a été écrit par le « bon docteur Boissel » à la fin sa vie, devenu aveugle. Est-ce la thématique de la cécité qui réunit les deux auteurs ? Ou plutôt le choix du traducteur, Guy Gerval, né à Bergerac, bercé dans son enfance par le charme de ces poésies…

Comme un journal fidèle, à fleur de terre et de moment, le docteur Boissel raconte un quotidien, une vie distincte et particulière, du chant du coq à l’aube naissante, du réveil des blaireaux au coucher des hommes. Plus on avance dans le recueil, plus s’élève le simple bonheur de sentir, de décrire son pays, son Périgord noir. Le bruit des sabots et de la châtaigne qui tombe, l’odeur de la truffe, du bouillon au chabrol et de la fricassée de cèpes, mais aussi la vision d’une vieille gabare, de lavandières pliées, d’un loupérou à l’affût. Avec légèreté et gourmandise, il croque tout un petit monde de la vie paysanne, des faucheurs de blés au marchand de peau de lapin, du feuillardier tout équipé et de ses couteaux. Dans ces horizons paisibles, parfois le monde se creuse un peu plus. Il nous parle d’amour et de mort, comme d’un aveu d’impuissance face au temps qui passe. Mais, toujours, avec la tendresse de ceux qui aiment la douceur de la vie. À se faire lire le soir au cantou, les yeux fermés…
Bénédicte Chapard