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Editions Finitude : Confusion des peines, Julien Blanc

Dernière mise à jour le lundi 21 mars 2011

Les éditions Finitude rééditent cette année un livre de Julien Blanc, Confusion des peines paru pour la première fois en 1943, et premier tome d'une trilogie de l'auteur dont les volets sont réunis sous le titre Seule, la vie...  Julien Blanc y décrit le long tunnel de désespérance qu'il fut contraint d'emprunter, lors même qu'il fut mis au monde. Comment tenir sous les coups et les brimades ? Comment avancer dans le noir quand tout nous prouve qu'on est né perdu ? Comment supporter que les repères que l'on s'est malgré tout choisis, ne soient en fait que des fulgurances, dont la fin, un peu plus, nous condamne ? Malgré la noirceur des bas−fond, décrite sans complaisance ni atermoiement, et à l'instar de ses titres à multiples sens, l'auteur manifeste que seule, sauve la vie...: l'idée fixe de victoire malgré tout, le rêve en pensée réalisé... Seule, l'acuité de la brûlure éloigne de la sensation de mort.

« Confusion des peines » n'est pas une sympathique promenade. Mais pour qui a un minimum de conscience à la réalité du monde, la vie de certains n'apparaît certes pas comme un long fleuve tranquille. Julien Blanc regarde ici dans le miroir au-delà parfois du supportable. En une sorte de catharsis, ses mots scalpels incisent le mal, en dissèquent les sources, l'une après l'autre.

Le roman devait, à l'origine, être le premier d'une série de cinq. D'un tome, la liste, fut amputée, puis de deux... A la suite de Confusion des peines furent finalement écrits et publiés Joyeux, fais ton fourbi  et  Le temps des hommes , en une sorte de compression de l'âme, afin non pas de disparaître (ce que le titre- « le suicide » - prévu pour le cinquième tome originel tendait au contraire à suggérer), mais de s'ouvrir vers les autres. En écho aux mots de Jean Guéhenno, en exergue au début du récit de Julien Blanc : « ... en parlant de moi, je parlerai des autres. »

Là se tient sans doute le véritable objectif de ce retour vers une destinée de déchirures, tenter de confondre en une seule, l'immense douleur de vivre, le pas, parfois, chaotique des hommes vers un destin trop lourd.

Anne Duprez, pour Aqui

Confusion des peines , Julien Blanc, éditions Finitude.