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Interview : Olivier Du Payrat, directeur du livre et de l'écrit à Écla : le soutien de l'Aquitaine à ses éditeurs

Dernière mise à jour le vendredi 18 mars 2011

Arrivé en 2006 à la Région Aquitaine pour prendre la responsabilité du service des industries culturelles, au sein de la direction de la culture, Olivier Du Payrat est, depuis début février, directeur du livre et de l'écrit au sein d'Écla, l'agence régionale pour l'Ecrit, le Cinéma, le Livre et l'Audiovisuel. A ce titre, il rappelle, ici, l'importance du soutien de la Région aux éditeurs d'Aquitaine présente au Salon du livre de Paris (18-21 mars) et désormais à la Feppia qui, pour la première fois dans l'enceinte du Salon, permettra de découvrir des labels indépendants défenseurs de la création musicale.

 
@qui.fr - Olivier Du Payrat, l'Aquitaine à travers Écla est présente, cette année encore, au salon du livre auprès des éditeurs ; certains qui y reviennent, d'autres y viennent pour la première fois. Écla est toujours fidèle à ce soutien à là création dans un salon dont on s'est demandé, un moment, s'il allait perdurer ?
Olivier Du Payrat - C'est un engagement historique de l'Aquitaine, une région attachée au livre de longue date et qui reste fidèle à ce média, à l'enjeu de création qu'il représente. Il y a vraiment une fidélité au livre dans cette région, peut être plus que dans d'autres territoires. Sur les évolutions du salon et sa pérennité, ça renvoie aux interrogations qui ont cours dans le microcosme parisien, dans les grandes maisons d'édition parisiennes. Au jeu d'acteurs sur la place parisienne ou d'Île-de-France. On est, nous, petit poucet par rapport à çà.

@! - Et ça vous va bien ?
O. D. P. -  Oui !  Vous savez, c'est à la marge que les choses intéressantes se vivent. C'est, en tout cas, l'occasion d'une vitrine incontournable pour les éditeurs installés en région ; un enjeu tout à fait prioritaire du travail de l'agence Écla pour le compte de la Région, vis à vis des éditeurs régionaux.
Si l'agence ne faisait pas ce travail là, soit ils ne viendraient pas, soit ils se trouveraient, à droite au fond du couloir... dans des conditions qui ne leur permettraient pas de tirer parti du salon, comme ils peuvent le faire aujourd'hui. La capacité habituelle à mutualiser les moyens, à être à Paris collectivement, présente vraiment un intérêt. Et cela même, au delà du seul fait qu'il y a un investissement financier d'Écla, venant en complément de celui de la Région et des éditeurs.

@! - Cette année le salon sera l'occasion d'une présence inédite, celle des labels La Feppia...
O. D. P. - La FEPPIA, c'est la Fédération des éditeurs et producteurs phonographiques indépendants d'Aquitaine. Quand je suis arrivé en 2006, au sein de la Région, et de la direction de la culture, pour prendre la responsabilité du service des industries culturelles, je me suis intéressé à la question des labels disque. En effet, l'Aquitaine comme c'est le cas pour le livre, a la chance de disposer d'un certain nombre de labels indépendants avec des artistes connus, reconnus mais ils sont, en même temps, dans une situation économique de plus en plus compliquée. Depuis 2006, la région a donc mis en place des soutiens aux producteurs, aux labels, selon des modalités assez analogues à celles qui ont cours pour les éditeurs de livres. Elle soutient, chaque année, entre dix et quinze labels disque par rapport à leur programme de production annuelle comme elle accompagne, entre 20 à 30 maisons d'édition de livres.
La différence pour le disque était que la situation économique était plus critique et qu'on construisait les choses ; On a donc voulu le faire avec un soutien direct aux labels et une responsabilisation collective des labels entre eux. Donc, on a travaillé sur ces deux jambes-là : aide en direct aux labels et organisation en Fédération et soutien à cette professionnalisation.
L'Arpel dans le passé, et Écla depuis 2009, ont une mission par rapport à la musique enregistrée et aux labels, de la même manière que l'OARA pour le spectacle vivant a une mission sur la musique. La question désormais est de voir ce qu'ÉCLA peut apporter, comment l'agence peut jouer un rôle en complément et donc amener la Feppia au salon du livre et donner à voir la création musicale aquitaine. La Feppia a noué, de la même manière, des partenariats avec les libraires atlantiques afin d'être présente et de monter des petits concerts pendant « l'Aquitaine se livre » en mai, ou encore à "l'Escale du Livre" ou la Feppia aura un petit stand.

@! - Cette année il existe une romancière de renom, Katarina Mazetti, en résidence en Aquitaine qui sera présente au Salon du Livre.
O. D. P. -  Écla a une résidence organisée, à l'année, avec des partenariats internationaux ; sur les mois de février-mars cette résidence est organisée avec des éditeurs installés en région ; ils nous proposent des auteurs étrangers, sous contrat chez eux, et dont il leur semblerait intéressant qu'ils viennent travailler à Bordeaux. Cette année la maison Gaïa, qui est installée dans les Landes, nous a proposé que Katarina Mazetti fasse l'objet d'une résidence : on a été ravi car c'est une auteur qui compte - son dernier ouvrage  Le Mec de la tombe d'à côté a connu le succès - elle est en Aquitaine jusque fin mars ; elle travaille et tourne dans des médiathèques et des librairies. Elle monte au Salon de Paris sur le stand de Gaïa chez Actes Sud. Au-delà de ce seul auteur on a fait le choix, cette année, d'éditorialiser le catalogue thématique, construit chaque année par Écla, à partir de Fonds d'éditeurs aquitains. Un catalogue nordique va donc sortir à l'occasion du salon de Paris ; il donnera à voir des auteurs nordiques publiés par des éditeurs Aquitains. Ce sera un recto verso : d'un coté les auteurs édités par les Aquitains, de l'autre des artistes et des groupes nordiques signés sur des labels aquitains...