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La littérature occitane exprime l'universel

Sorrom Borrom

Sèrgi Javaloyès, Reclams edicions, Joan Francés Tisnè - tous droits réservés

Dernière mise à jour le vendredi 18 mars 2011

Les occitans montent à Paris pour le salon du livre. Dans leurs bagages, dix siècles de littérature. De la poésie troubadouresque aux contemporains, en passant par le prix Nobel de littérature de 1904, Frédéric Mistral, bien sûr. Le problème reste que les Français ne connaissent que le français. La Révolution et la République. Hors des murs, la littérature occitane est donnée à lire par des universitaires du monde entier. Alors comme le dit un proverbe occitan : « Lo passat qu'ei mort ». Ne revenons pas sur le passé, même si les Parisiens n'ont plus d'excuses à leur royale ignorance.

Briser les préjugés, d'abord. Car l'occitan n'est pas un vulgaire patois, mais une langue capable, comme le français, d'exprimer l'universel. Une littérature qui a toujours été présente malgré la prééminence du français et le blockout intellectuel à son égard. Elle existe à côté d'une littérature exceptionnelle, catalane, bien sûr, mais aussi italienne, avec ses nombreux dialectes, ou britannique, avec le gaélique. En France, les Révolutionnaires ont construit l'ethnocentrisme franco-français avec la croyance que le citoyen ne pouvait exprimer les valeurs républicaines et l'universel qu'en langue française. Sous la menace, l'occitan a continué à « vivre comme les petits ruisseaux cachés », raconte avec une image Sèrgi Javaloyès, le directeur-poète de l'institut occitan. Les auteurs ont continué dans cette langue et en français, bâtissant une œuvre qui dit l'universel, reconnue aujourd'hui dans le monde entier.

Olivier Darrioumerle, pour Aqui