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Les nouveaux éditeurs aquitains du Salon 2011 : Stéphane Million éditeur

Dernière mise à jour le lundi 21 mars 2011

Chaque année, le stand de l'Aquitaine accueille à Paris de nouveaux éditeurs, qui saisissent là une occasion supplémentaire de rencontres et de lien entre leur production et un public diversifié. Cette année, la fenêtre s'ouvre sur une maison d'édition du Lot et Garonne, à la politique éditoriale créative et non moins exigeante : Stéphane Million éditeur. Stéphane Million c'est d'abord un homme, un personnage, dont la passion pour la littérature mais aussi le monde de la création en général, donne vie à un projet né il y a trois ans. Devant lui aujourd'hui, une mosaïque d'ouvrages qui témoignent, chacun, d'une identité forte, en même temps réunis, tous, sous la bannière de l'originalité. Originalité dans le sens le plus fort du mot, où il est question, toujours, de création et d'exigence.

Des noms dont les cris de colère résonnent encore à nos mémoires, des noms d'artistes fulgurants et maudits, des noms de comédiens de théâtre ou de cinéma, mondialement connus ou moins exposés médiatiquement, émargent au catalogue de Stéphane Million. Le mot d'ordre : littérature. Et pourtant, beaucoup de ceux qui signent, ici, viennent de mondes parallèles. Loin de la recherche de la sensation ou du people à tout crin, c'est malgré tout la qualité et la rigueur du texte littéraire qui prime, et même lorsque, à juste titre, Stéphane Million s'enorgueillit de publier, dans la revue « Bordel » le premier texte de Johnny Depp, traduit par Virginie Despentes (prix Renaudot 2010) sa fierté réside plus dans le talent de la star, révélé en tant qu'écrivain, que dans le nom à paillettes de l'idole. La revue « Bordel »  que l'éditeur qualifie de « foutraque » , réunit des nouvelles écrites sur une thème ou un personnage donné (l'artiste Jean-Michel Basquiat, Cannes, Pierre Desproges...), fonctionne aussi comme une sorte de « laboratoire » : prémices et promesses d'auteurs, qui font ici leurs gammes, avant de prendre leur envol, de déployer leur plume.

La maison d'édition de Stéphane Million est, comme il est indiqué en exergue de son site internet   un « bordel ouvert à tous ». On comprendra qu'il joue sur les mots. Mais n'est-ce pas là justement que se tient le rôle d'un éditeur ? Habiter, de sa passion et de tout son cœur, une maison dont la porte s'ouvre à qui montre les couleurs de sa patte, réunir autant d'identités, autant d'étincelles afin d'entretenir le feu sacré, et surtout ouvrir la voie à de multiples voix afin qu'elles  croissent et s'amplifient. Une maison ne vit que lorsqu'elle est habitée.

Une maison, vaut, aussi, par son accueil et par la personnalité de celui qui ouvre la porte. Ici, celui qui nous reçoit sait ce qu'il veut, où il va et où il  désire nous emmener.  On lui souhaiterait  bien de se faire un nom, s'il n'en avait déjà un, déjà reconnu par beaucoup. Le mieux est donc de le suivre dans son projet aux multiples couleurs, répondant à sa main tendue lorsqu'il  se présente au seuil de sa maison : Stéphane Million, éditeur !

Anne Duprez, pour Aqui